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Baten Kaitos Origins
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Baten Kaitos Origins

Sortie Europe : Non connue
Sortie US : 25 Septembre 2006
Sortie Japon : 23 Février 2006
Classification PEGI :
Indisponible pour le moment
Développeur : Monolith Software
Editeur : Nintendo
Testé par : San
Baten Kaitos Origins est une « préquelle », l'histoire se déroulant 20 ans avant les événements de Baten Kaitos: Eternal Wings & the Lost Ocean. J'ai absolument adoré le premier titre de la série, que je considère comme un de mes jeux préférés de tous les temps. Voilà pourquoi j'attendais Origins (Baten Kaitos II au Japon) avec impatience. Voilà également pourquoi j'ai attendu d'y avoir mis plus d'une trentaine d'heures avant de me lancer dans ce test : j'ai détesté mes premières heures de jeu, et je refusais de croire à ce sentiment.
Il faut d'abord se mettre en contexte. Origins est un peu comme Majora's Mask : le jeu est en quelque sorte une « récupération » de son prédécesseur. Il réutilise de nombreux éléments, tout en présentant une histoire différente avec de nouveaux personnages. Vous retrouverez dans ce jeu tous les décors du premier titre, en plus de quelques nouveaux. Vous retrouverez également quelques personnages, avec 20 ans en moins, comme Gibari, Ladekhan, Giacomo, Geldoblame, Almarde, etc... Cependant, les personnages principaux, Sagi, Milliarde et Gillo, sont complètement nouveaux, tout comme le système de bataille, qui n'a absolument rien à voir avec celui de Eternal Wings [...] (coupons court au long titre).
Voilà un des éléments qui, personnellement, m'agace sérieusement. En jouant à Origins, on sent le conflit que l'équipe de développement a voulu résoudre tant bien que mal, soit la dose parfaite entre le vieux et le neuf. « Puisque nous récupérons tout, changeons complètement le système de combat! Changeons le déroulement du jeu pour que ça fasse plus aventure! » Je suis de ceux qui aimaient Eternal Wings tel qu'il était. Oui, le système de combat était un peu lourd, mais au moins il était EFFICACE, et il reposait sur le talent du joueur à bien agencer ses cartes. Ici, le système de cartes a été simplifié à l'extrême, et il repose entièrement sur la chance. Vous pouvez rencontrer un ennemi insignifiant et faire un « relay combo » avec 6 cartes par personnages qui fait assez de dommage pour tuer une armée, puis, vous pouvez rencontrer un boss et vous retrouver avec un agencement de cartes merdique qui ne tuerait même pas une mouche... Il faut savoir que les trois membres de l'équipe utilisent le même paquet de cartes. Et, souvent, vous devrez sacrifier le tour d'un personnage en lui faisant jeter des cartes dans l'espoir d'en voir apparaître des meilleures. Comme si ce n'était pas assez, chaque personnage a maintenant une barre d'action, comme les ATB de Final Fantasy, y compris les ennemis. Donc, oui, vous pouvez planifier une super attaque avec combo, mais si vous avez le malheur de vous faire assommer par un des ennemis dont l'attaque passe avant la vôtre, eh bien, c'est fichu. Heureusement, les HP sont automatiquement remplis à la fin d'une bataille, et il y a une raison à cela : les ennemis vous en arrachent énormément. Gardez TOUJOURS la carte « escape » dans votre deck. Vous ne savez jamais quand une bataille va mal tourner dans ce jeu, et l'écran game over vous fait perdre tout votre progrès jusqu'à votre dernière sauvegarde. Dernier point négatif, les batailles sont longues et ennuyantes. Je les ai mises en mode facile afin qu'elles passent plus rapidement.
Outre le système de combat ennuyeux (et ennuyant), un autre des
éléments qui me tapent sur les nerfs est l'ajout forcé d'un côté
aventure aux différents environnements qui doivent être traversés pour
se rendre d'un endroit à un autre (comme le Cloud Passage, pour ne
citer que celui-là en exemple). Dans Eternal Wings, on ne faisait que
traverser ces lieux tout en combattant la faune ennemie locale. C'était
simple, mais c'était très bien comme ça : c'est un RPG, après tout!
Mais ici, l'équipe de développement a voulu implanter des petites
énigmes et des puzzles.
Malheureusement, pour moi, en tout cas,
je trouve que ça ne cadre pas du tout avec le jeu. Si je veux des
énigmes et de l'aventure, je joue à Zelda. Quand je joue à Baten Kaitos,
un RPG, je ne veux que progresser dans l'histoire, pas résoudre des
puzzles à la con dont je me fiche complètement. En plus de ça, il
doit bien y avoir un million de quêtes secondaires dans Origins.
Tellement qu'il y a maintenant un menu pour nous rappeler qui voulait
quoi dans quel village. J'ai trouvé que tous ces éléments n'ont fait
que m'écarter de l'histoire et m'en désintéresser.
Parlons-en justement, de l'histoire. Après 30 heures de jeu, je commence à peine à la comprendre et à faire les liens avec Eternal Wings. Je suppose que c'est le genre de jeu où on comprend tout dans les dernières heures, où il y a le dénouement final. Il y a une histoire double : celle qui se passe dans le même monde que Eternal Wings, et une autre histoire en parallèle, où Sagi est catapulté dès qu'il se retrouve à combattre un Afterling. Si vous voulez mon avis, ils auraient dû faire un jeu à part entière avec cette histoire. Ça aurait été beaucoup plus intéressant que de recycler des éléments de Eternal Wings et tenter d'y greffer maladroitement du nouveau. Le scénario de cette histoire parallèle et d'ailleurs bien plus captivant, et les personnages, plus attachants.
Justement, en ce qui concerne les personnages, j'ai aussi été déçue. Sagi, le personnage principal, manque de crédibilité. Il a 15 ans, il est supposément dans l'armée d'Alfard depuis « plusieurs années », et, du jour au lendemain, se fait trahir lors de l'assassinat de l'empereur, et se retrouve sous l'aile de Quaestor Verus, qui trouve qu'il ferait un bon candidat pour sauver le monde. Tout ça dans les 5 premières heures du jeu. Vous trouvez pas que c'est tiré par les cheveux? Moi, oui. Je trouve également qu'il manque de personnalité, il est... rien. Milliarde, quant à elle, est sensée avoir 17 ans, mais elle se comporte comme si elle en avait 12, et elle crie comme une malade lors des batailles. Je vous jure qu'on a envie de la frapper. Gillo est une machine quelconque dont je n'ai encore rien appris de l'histoire pour le moment. Il y a deux choses qui manquent côté personnages : il y a très peu, voire aucun, développement de leurs histoires et de leurs personnalités jusqu'à maintenant, et encore aucun nouveau personnage recrutable pour l'instant.
Bref, je n'étirerai pas cette critique plus longtemps, même si j'aurais encore bien des choses à dire. Je crois que vous avez une bonne idée de ce que je pense du jeu. Pour conclure, je vais dire que Baten Kaitos Origins est un jeu à louer avant d'acheter, même si vous avez adoré le premier. C'est ce genre de jeu qu'on aime ou pas. Peut-être allez-vous l'adorer, mais personnellement, après 30 heures de jeu, je l'aime plus qu'aux premières heures (je le détestais tout simplement, au début), mais je ne l'aime toujours pas.
Graphismes : 17/20 - Je n'ai remarqué aucune amélioration ou dégradation par rapport à Eternal Wings. Les graphismes sont tout aussi magnifiques. Cependant, je ne peux m'empêcher de souligner la cinématique d'ouverture, qui, je trouve, est laide et sans intérêt. C'est ce qui me fait donner la note 17 en dépit de la beauté du reste du jeu. La cinématique d'ouverture forge souvent chez le joueur sa première impression du jeu, et ici, c'était négatif pour moi. J'aurais bien aimé une cinématique semblable à celle de Eternal Wings, où les personnages semblaient pratiquement vivants.
Son : 18/20 - La bande sonore de ce jeu est superbe et, si vous l'achetez, comprend trois disques. C'est dire le nombre de pièces qu'il y a. L'orchestration est aussi somptueuse que dans Eternal Wings. On retrouve certains thèmes qui ont été remaniés, mais il s'agit principalement de nouvelles pièces. Il y a entre autres Chaotic Dance 2, et si vous êtes moindrement fatigué, vous entendrez des choses très drôles dans les paroles (n'est-ce pas, James ?). Quant aux effets sonores (les « bip » du menu et les sons de bataille, entre autres), j'ai trouvé qu'ils étaient un peu trop forts en comparaison avec la musique. On a tendance à mettre du volume car la musique est belle, mais dès qu'on se lance dans une bataille, ou qu'on fouille dans le menu, ça explose dans les oreilles...
Gameplay : 12/20 - Je considère qu'il n'est pas normal d'avoir à chercher dans le livret d'instruction comment tel ou tel truc fonctionne, et ça m'est arrivée à quelques reprises. Quelque chose d'aussi simple que d'utiliser un quest magnus d'eau dans le désert d'Azha m'a forcée à chercher dans ledit livret. Humiliant. Le système de combat simplifié n'est pas pour autant intuitif non plus. On l'apprend sur le tas, à force de participer à des batailles. On ne comprend pas trop comment ça marche au début. De plus, on a le réflexe de sélectionner les cartes avec le stick, mais les contrôles sont si sensibles qu'il est pratiquement impossible de s'arrêter sur la carte voulue, ça glisse d'un côté et de l'autre. Après quelques frustrations, on réalise qu'il faut passer à la croix directionnelle pendant les batailles. Un autre élément qui m'énerve est le fait que Sagi court au ralenti. Ce n'est qu'un détail, mais il est tellement agaçant. Bref, les contrôles d'Eternal Wings étaient nettement supérieurs.
Durée de vie : 10/20 - Vous avez sans doute lu à quelque part que Origins promet plus de 60 heures de jeu. Ce qui n'est pas spécifié, c'est que sur 60 heures, vous en passerez 40 soit à vous battre, soit à tourner en rond en tentant de résoudre des puzzles à la con ou à faire des quêtes secondaires. Le temps accordé au scénario, comparativement à Eternal Wings, est minime. N'oubliez pas que ce jeu est sensé être un RPG, et qu'un RPG devrait se consacrer au scénario d'abord et avant tout.
Note finale : 14/20